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Entrée du libre examen à l'ULB

 

1. Origine élargie du libre examen

  • À l’origine, le libre examen concernait principalement l’interprétation des textes sacrés dans le conflit entre catholiques et protestants.
  • À la fin du XVIIIe siècle, les idéologues (philosophes intéressés par l’étude des idées et de la pensée) étendent cette notion à l’analyse critique des problèmes humains en général.
  • Cette approche n’est plus centrée uniquement sur les textes religieux mais sur tous les domaines de la vie, même au prix de conclusions divergentes des doctrines religieuses.

2. Du cadre académique à une portée politique

  • Bien que cette pensée critique ait d’abord évolué dans un cadre intellectuel, elle commence à avoir une portée politique : discuter librement des problèmes humains revient à discuter des questions de société.
  • Toutefois, ce n’était pas encore un mouvement politique organisé capable de légiférer.

3. Contexte belge : révolution et compromis

  • La Belgique naît en 1830, à la suite d’une révolte contre le roi des Pays-Bas.

  • Une période de compromis appelée "unionisme" suit : une alliance fragile entre catholiques conservateurs et libéraux.

  • Cette union permet la coexistence de deux visions :

    • Les catholiques obtiennent la liberté d’enseignement.
    • Les libéraux obtiennent des droits comme la liberté d’expression, de conscience et la démocratie.
  • Le fondateur de l’ULB, Théodore Verhaegen, était un catholique libéral favorable à ces compromis.

4. Naissance de l’Université Libre de Bruxelles (ULB)

  • Fondée en 1834 par le parti libéral et la franc-maçonnerie en réaction à la recréation de l’Université catholique de Louvain.
  • Objectif : créer un enseignement non inféodé à l’Église, qui promeut la liberté de pensée et la recherche critique.
  • L’ULB devient le symbole de cette volonté d’indépendance intellectuelle face à l’emprise religieuse.

5. La radicalisation des camps

  • À partir des années 1840-1850, le compromis unioniste s’effondre :

    • Les catholiques se radicalisent sous l’influence du courant ultramontain (soumission stricte au pape).
    • Les libéraux réagissent en devenant plus anticléricaux, revendiquant fortement la liberté intellectuelle.
  • Le libre examen devient une revendication centrale dans ce contexte de polarisation.

6. Libre examen : un principe fondamental à l’ULB

  • En 1854, Verhaegen affirme que le libre examen est essentiel à la démocratie, à la recherche scientifique et à la formation des élites.
  • Il devient le principe fondateur de l’enseignement et de la recherche à l’ULB.
  • Il s’agit d’un libre examen moderne, hérité des idéologues, bien plus large que celui du XVIe siècle sur les textes bibliques.

Conclusion : Le libre examen, élargi par les idéologues, devient en Belgique une véritable doctrine politique et intellectuelle. L’Université Libre de Bruxelles incarne cette volonté de défendre la pensée critique, la liberté de conscience et l’indépendance vis-à-vis des pouvoirs religieux, au cœur même de l’éducation supérieure.